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Fin de la grève dans les collèges: soulagement des associations étudiantes

La grève dans les 24 collèges de l'Ontario aura duré 5 semaines. Archives #ONfr

TORONTO – L’Ontario offrira une compensation financière pouvant aller jusqu’à 500 $ aux étudiants, après le conflit qui a duré cinq semaines dans les 24 établissements de la province. Les associations étudiantes poussent aujourd’hui un soupir de soulagement face à cette nouvelle.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Lynna Kavutse Mahoro, présidente de l’Association étudiante de La Cité, se dit soulagée de voir que les étudiants recevront un peu d’argent malgré tout.

«Aujourd’hui, ce n’est pas une session perdue. Il y avait beaucoup d’étudiants qui étaient découragés par la grève, mais au final tout semble s’arranger», s’est-elle exclamée en entrevue avec #ONfr.

La représentante applaudit aussi le fait que la province permette aux étudiants un remboursement complet pour ceux qui choisissent de se retirer des bancs d’école à cause de la grève.

«On se battait pour cela depuis le début et c’est une bon pas en avant», a-t-elle exprimé.

Sur le plan de la reprise de cours, Mme Kavutse Mahoro indique que le collège La Cité a promis l’embauche de tuteurs pour accompagner les étudiants jusqu’à la fin de la session afin de minimiser la charge de travail.


«On est content parce qu’aujourd’hui, nous n’avons pas juste vu un plan de rattrapage, nous nous faisons offrir une option pour poursuivre nos études tout en recevant un petit quelque chose.» – Lynna Kavutse Mahoro


Elle convient tout de même pour les étudiants internationaux, le fardeau financier reste très important, notamment pour le remboursement de billets d’avion. Toutefois, elle note que plusieurs détails sur cette compensation seront connus d’ici peu, tout en restant confiante que les étudiants ne seront pas perdants.

 


Les mesures offertes aux étudiants en bref:

  • Les étudiants à temps plein et les étudiants étrangers pourront recevoir jusqu’à 500 $ pour les coûts imprévus et supplémentaires qu’ils ont dû engager.
  • Ces fonds permettront aux étudiants de rembourser des frais pour des services de garde d’enfants, une réservation de billets de train ou de bus, ou le loyer du mois de janvier.
  • Toute aide liée à la grève n’aura pas d’incidence sur le montant de l’aide du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO)
  • Les étudiantes et les étudiants qui décident de mettre fin à leurs études collégiales en raison de la grève recevront un remboursement complet de leurs frais de scolarité.

 

Du côté de l’Association étudiante des Collèges, la compensation offerte par le gouvernement est un pas dans la bonne direction. Joel Willett, président du groupe, se dit également soulagé de voir que le gouvernement permet une compensation.

«Nous sommes soulagés que les étudiants aient enfin été écoutés après une grève qui a duré trop longtemps et où l’on était complètement ignoré», a-t-il dit.

Par ailleurs, les étudiants auront droit à une période d’essai de deux semaines pour s’assurer qu’une session condensée fonctionne pour eux. Une mesure applaudie par M. Willett.

«Nous sommes soulagés de voir que les étudiants pourront toucher une compensation», a-t-il commenté.

Il s’agit de la première fois dans l’histoire récente de l’Ontario qu’une compensation financière est offerte aux étudiants à la suite d’une grève.

 

Un territoire inconnu, dit Deb Matthews

Deb Mathews, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, affirme que le gouvernement ontarien fait «ce qu’il peut» pour venir en aide aux étudiants.


«Aucune compensation financière ne sera suffisante pour équivaloir à ce qui a été perdu et l’angoisse que les étudiants ont subie.» – Deb Matthews


À savoir si la compensation de 500 $ était suffisante, Deb Matthews a rappelé que l’Ontario entrait dans un territoire inconnu en agissant ainsi.

«C’était la bonne chose à faire parce que les étudiants devaient recevoir une compensation pour ce conflit. Si ça crée un précédent, c’est un bon précédent à créer», a-t-elle lancé.

Deb Mathews, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle. Crédit image: Jean-François Morissette

Mme Matthews a martelé que cette compensation n’était pas une mesure électoraliste, mais une manière de dédommager les étudiants.

 

Pas assez, selon l’opposition

Le chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario (Parti PC), Patrick Brown, est catégorique: la compensation est insuffisante.

«Les vraies victimes de ce conflit sont les étudiants et ce que nous disons aujourd’hui est qu’ils doivent recevoir une compensation», a-t-il lancé.

Selon lui, le gouvernement devrait offrir une compensation équivalente aux montants qui seront donnés aux étudiants.

Peggy Sattler, critique en matière d’Éducation pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, est du même avis.

«500 $ est une goutte d’eau dans un océan quand on pense au stress financier que les étudiants ont dû subir», a-t-elle lancé.

Selon elle, le gouvernement devrait être à l’écoute des étudiants.

 

 


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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
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